POéSIE
*Parce qu’elle est toujours un acte de paix – Pablo Neruda
*Parce qu’elle est peut-être le besoin le plus important de l’homme – Varlam Chalamov
*Parce qu’elleest une arme pour témoigner qui laisse l’ennemi désarmé
et ramène le lecteur au secret de lui-même – Charlotte Delbo
*Parce que qu’elle est un coquillage où résonne la musique du monde – Octavio Paz.
*Parce que, Alda Merini l’écrit :
Je n’ai pas besoin d'argent.
J'ai besoin de sentiments,
de mots, de mots choisis avec soin,
de fleurs comme des pensées,
de roses comme des présences,
de rêves perchés dans les arbres,
de chansons qui fassent danser les statues,
d'étoiles qui murmurent à l'oreille des amants.
J'ai besoin de poésie…
*Parce qu’avoir faim de la beauté du monde est l’état qui permet la naissance du poème – Adonis
Parce qu’elle est infinitésimale.
Parce qu’elle résiste au capitalisme.
Parce qu’elle reste invendable.
Pour l’herbe entre les pavés.
Parce que son rythme nous emmène
Et dans le rythme les mots vont au-delà des mots
ils deviennent sensations
ils battent en brèche les stéréotypes langagiers
Il faut lire la poésie à haute voix
dès l’aube et dans la rue
dans les vols de nuit
et lire la poésie
solitaire partagée
au lit à haute voix
sur les scènes du monde
alors, parfois, il advient que les mots
les mots deviennent paroles
La poésie est sans message
elle ne dit pas elle ne dit rien
elle est
et nous
elle nous porte en nous
là où se niche l’indicible
elle révèle l’occupation
les bas-fonds et la boue
inhumaine des tranchées
puis les larmes
infinitésimales
la poésie
parce qu’elle retient la vie
*Parce qu’elle nous mène vers les chemins de pluie, vers ce que nous ne savons pas voir, vers la scandaleuse innocence de ce qui est.
*Parce qu’elle sourd du désir de devenir autre, devenir ruisseau, matin, goutte de pluie ; elle sourd de l’écoute du vent, de la fenêtre d’une maison jaune ; elle traverse les idées comme on traverse les pays
*Parce qu’elle est nomade, à la lisière des indéracinales forêts de l’imaginaire, dans les sous-bois et les sous-voies dans les jardins, elle est là où la terre roule sur les paumes de l’aube, dans le sens de l’éblouissement dans lequel l’enfance de l’homme apprend
*Parce qu’il nous reste les mots
*Parce qu’elle est politique. Poélitique.